À 70 ans, Israël mérite plus que jamais un boycott culturel et académique

L’expulsion d’une professeure de droit et la condamnation d’une poétesse palestinienne par Israël soulignent l’aveuglement des objections au BDS.

Les récents évènements ont mis en évidence pourquoi le refus persistant de nombreux universitaires et artistes occidentaux de répondre à l’appel des Palestiniens pour un boycott académique et culturel d’Israël est aussi aveugle.

Les opposants au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) font valoir que de telles sanctions ne font que nuire, au lieu d’aider, à la solidarité avec les Palestiniens.

Tel a été, par exemple, la conclusion de l’Association des langues modernes (MLA) aux États-Unis quand elle a rejeté l’année dernière une motion pour le boycott. La liberté académique était alors présentée comme capitale et comme une voie vers le dialogue avec les universitaires israéliens qui pourraient influencer la société israélienne pour le meilleur.

Elle affirmait aussi que la communauté artistique d’Israël est en grande partie progressiste et que de poursuivre un engagement culturel appuiera les voix qui expriment une solidarité avec les Palestiniens opprimés.

Mais, en réalité, l’espace en Israël pour un dialogue académique, comme pour la liberté culturelle, est en train très vite de se réduire. Et les quelques universitaires ou artistes qui prennent position en faveur des Palestiniens sont plus isolés que jamais.

Cette semaine, les Palestiniens marquent le 70e anniversaire de la Nakba, la dépossession de leur patrie qu’ils décrivent comme « la catastrophe ». Mais avec le conflit toujours non résolu après tant de décennies, tout montre que non seulement Israël mérite pleinement un boycott académique et culturel, mais que sans de telles pressions extérieures, l’oppression des Palestiniens va s’intensifier.

Une professeure de droit qui n’est pas la bienvenue

Il est apparu la semaine dernière que deux militants des droits de l’homme –l’un étant un éminent juriste – ont été empêchés d’entrer en Israël. Ils devaient conduire une délégation d’avocats et universitaires chargée d’évaluer la situation des droits de l’homme en Israël et dans les territoires occupés.

Katherine Franke, professeure de droit à l’Université Columbia de New-York, était l’une des quatre personnes du groupe retenues à l’aéroport Ben Gourion d’Israël. Elle a été expulsée après un long interrogatoire durant lequel on a crié sur elle et on l’a accusée de mentir.

Franke s’est vu qualifier à tort de dirigeant du mouvement BDS. Elle et Vincent Warren, directeur du Centre pour les droits constitutionnels à New-York, ont posté sur Twitter une photo d’eux sous un panneau « Bienvenue » de l’aéroport, avec la légende : « Ne laissez pas le panneau ‘Bienvenue’ vous abuser. Il ne s’applique pas pour les droits de l’homme ».

En début de cette année, le ministre de la Police d’Israël, Gilad Erdan, a publié une liste noire de vingt organisations accusées de soutenir le BDS et dont les dirigeants ont été interdits d’entrer en Israël.

Mais en fait, les preuves que citaient les autorités de l’aéroport provenaient d’une autre source : de deux sites d’extrême droite, Canary Mission et Amcha, qui cherchent à nuire à la réputation des étudiants et universitaires aux États-Unis qui ont pris publiquement des positions critiques à l’encontre d’Israël.

C’est pour cette raison que Franke a fait observer : « Le gouvernement (israélien) externalise essentiellement leur sécurité vers des sites à la traîne de la droite ».

Il est déjà suffisamment pénible qu’Israël s’appuie sur des groupes anti-palestiniens virulents, brutaux, pour déterminer quels universitaires étrangers peuvent être autorisés à entrer en Israël pour mener un dialogue avec les universitaires et les dirigeants de la communauté d’Israël.

Mais, étant donné qu’Israël contrôle également les points d’entrée vers les territoires palestiniens occupés, ces mêmes groupes de haine décident aussi si les universitaires étrangers seront en mesure de rencontrer et travailler avec des universitaires palestiniens et des dirigeants de leur société civile.

Entrée interdite aux critiques

Cette politique n’a rien de nouveau, même si la tendance s’est considérablement aggravée ces dernières années. Israël a longtemps refusé le visa à des professeurs et étudiants qui espéraient venir enseigner en Cisjordanie et à Gaza. Deux célèbres universitaires juifs américains, Norman Finkelstein et Noam Chomsky, ont eu l’interdiction d’entrer dans les territoires occupés respectivement en 2008 et en 2010.

Fait révélateur, ni l’un ni l’autre ne soutiennent le BDS – le prétexte qu’Israël invoque pour interdire les universitaires. Mais depuis des années, les deux plaident en faveur d’une solution à deux États – à laquelle s’oppose le gouvernement de Benjamin Netanyahu – qui accorderait aux Palestiniens la puissance d’une autodétermination et mettrait fin à la domination oppressive d’Israël.

Israël a également interdit d’entrer à Richard Falk, un professeur juif américain de droit international, qui a été le rapporteur spécial des Nations-Unies sur les violations des droits de l’homme auxquelles étaient confrontés les Palestiniens. Tout ceci, bien sûr, vient s’ajouter aux restrictions de plus en plus strictes d’Israël sur les libertés des Palestiniens, y compris du personnel universitaire, et aux politiques répressives envers les institutions éducatives palestiniennes.

Alors que les opposants au BDS s’inquiètent du préjudice potentiel que les universitaires israéliens subiraient du fait du boycott, ils font fi du fait que, pendant une décennie, les universités de Gaza, par exemple, ont été coupées par Israël de tout contact avec le monde extérieur. Les universitaires ne sont guère plus que des prisonniers, leurs connaissances et leurs compétences s’atrophiant alors que le blocus refuse à leurs institutions les outils pour la recherche et qu’ils sont eux-mêmes empêchés de participer aux conférences et d’être affectés à l’étranger.

Désormais, Israël combine ces restrictions imposées aux universitaires palestiniens avec les mesures tout aussi rigoureuses à l’encontre des universitaires étrangers qui tentent de briser l’isolement de leurs collègues dans les territoires occupés.

Une liberté académique sélective

Israël ne se défend pas d’une prétendue menace BDS, mais il rend aussi difficile que possible pour les experts de conduire des recherches sur les violations systématiques des droits des Palestiniens par Israël. Il le fait parce qu’il craint que de telles études auront deux conséquences.

Premièrement, elles fourniront les armes nécessaires aux enquêteurs sur les crimes de guerre, comme ceux de la Cour pénale internationale de La Haye, pour traduire les Israéliens en justice à l’avenir.

C’est la leçon qu’Israël a tirée de la mission d’enquête des Nations-Unies conduite par Richard Goldstone, ancien juge juif sud-africain. Son rapport a conclu en 2009 qu’Israël avait commis des crimes de guerre de grande ampleur lors de son agression militaire contre Gaza quelques mois auparavant.

Et c’est pourquoi Omar Shakir, le directeur local d’Human Rights Watch, basé à New-York, qui surveille les violations des droits de l’homme par Israël, a vu son permis de travail révoqué cette semaine et a reçu l’ordre de partir. Encore une fois, Israël s’est servi du prétexte d’un soutien au boycott pour justifier sa décision.

Deuxièmement, les responsables israéliens craignent que, si des universitaires réputés se trouvent face à la réalité du système israélien d’oppression des Palestiniens, ils prennent alors la défense de la cause palestinienne et renforcent les mouvements internationaux de solidarité, comme le BDS, et en particulier sur les campus.

Effectivement, Israël se veut sélectif en matière de liberté académique. Il encourage le type de recherche et de dialogue qui permet aux universitaires israéliens de rester à la pointe d’une recherche scientifique, technologique et médicale rentable. Mais ils ne veulent pas d’une liberté universitaire qui permette à des chercheurs étrangers de témoigner et documenter, à l’extérieur, sur les violations israéliennes contre les Palestiniens. Ils veulent que l’occupation reste pour l’essentiel invisible.

Une hypocrisie universitaire

Plus problématique encore pour ceux qui s’opposent au BDS, la recherche israélienne qui est si demandée par les institutions étrangères dépend dans de nombreux cas des violations contre les Palestiniens dans les territoires occupés. Les industries d’Israël, dite de haute technologie, sont le plus souvent des collaborations lucratives entre le corps administratif et l’armée d’Israël.

Les universités israéliennes coopèrent régulièrement avec l’armée, faisant des territoires occupés des laboratoires géants à ciel ouvert, dans lesquels il est possible de tester des armes aussi bien que des techniques de surveillance et de biométrie, de développer le contrôle des foules et la cyberguerre, d’étudier une prétendue « mentalité arabe », et de réinterpréter le droit international.

Les projets communs avec les institutions académiques occidentales rendent celles-ci indirectement complices de ces violations des droits de l’homme.

C’est pourquoi l’Université Columbia s’est non seulement opposée vigoureusement au BDS dans le passé, mais encore qu’elle n’a rien dit des violations par Israël de la liberté académique de Franke, l’une de ses professeurs.

Franke a déclaré au New York Times que le directeur de cabinet de sa faculté de droit avait affirmé que l’université « ne s’impliquerait pas dans sa défense » parce qu’il y avait des « centres pro-Israël » à la faculté de droit.

Le président de l’université, Lee Bollinger, entre temps, venait de rentrer d’un séjour en Israël pour des discussions préliminaires sur un projet commun de monter un centre mondial à Tel Aviv, engagé dans « l’échange des personnes et des idées ».

L’hypocrisie des institutions académiques occidentales ne devrait pas avoir besoin d’être soulignée. Elles ont tissé des liens avec Israël en s’appuyant à la fois sur les violations toujours plus intenses des droits des universitaires palestiniens et sur les restrictions de plus en plus strictes imposées aux universitaires étrangers qui souhaitent montrer leur solidarité avec leurs homologues palestiniens.

Des mouvements de solidarité supprimés

Elles agissent de la sorte avec une université israélienne qui s’est montrée prête à n’offrir aucun soutien institutionnel à des collègues palestiniens.

Ce mois-ci, Evelyn Fox Keller, une scientifique de 82 ans de l’Institut de technologie du Massachusetts, a accepté le Prix Dan David à l’Université de Tel Aviv – à condition qu’elle puisse faire don de l’argent du Prix à des groupes israéliens de défense des droits de l’homme.

Elle a critiqué les universitaires en Israël pour leur manque de solidarité avec les Palestiniens. « Ils ne le veulent pas et ils n’ont aucune expression… Aucune des universités en Israël n’a la volonté de s’exprimer ».

Pire encore, non seulement les dirigeants d’une université israélienne n’ont fait aucune déclaration, mais ils cherchent activement à supprimer toute solidarité avec les Palestiniens.

La présidente de l’Université Ben Gourion, Rivka Carmi, a annulé un prix du Département politique destiné au groupe de soldats israéliens dénonciateurs Briser le Silence, en 2016. Elle a justifié sa décision par le fait que cette organisation était « hors du consensus national ».

Et l’année dernière, l’Université hébraïque de Jérusalem a annulé une conférence sur les prisonniers palestiniens, s’inclinant apparemment devant des pressions politiques de la droite.

En février, le Conseil supérieur de l’éducation d’Israël n’a soulevé aucune protestation quand le gouvernement de Netanyahu a amené, pour la première fois, trois institutions académiques situées dans des colonies juives illégales en Cisjordanie, sous ses auspices. Peu après, le même Conseil entérinait un nouveau code de conduite destiné à réduire au silence les quelques universitaires israéliens qui avaient osé s’exprimer contre la violation des droits des Palestiniens.

Le paradoxe est que des organisations académiques occidentales, comme la MLA, en rejetant le mouvement BDS, ont préféré s’allier à des universités israéliennes qui persécutent non seulement les Palestiniens amis, mais encore les universitaires israéliens dissidents.

Une poétesse condamnée

La justification d’un boycott culturel n’en est pas moins nette. Ce mois-ci, un tribunal israélien a condamné Dareen Tatour, une poétesse palestinienne de 36 ans de nationalité israélienne, pour incitation à la violence et soutien au terrorisme.

Elle a déjà enduré deux ans et demi de prison et d’une dure assignation à résidence – interdite d’accès tout ce temps aux ordinateurs et aux téléphones – alors que les rouages du système juridique d’Israël tournaient alors au ralenti. Aujourd’hui, elle risque une peine de huit ans de prisons supplémentaires.

La poésie exploite invariablement les complexités du langage et les ambiguïtés du sens. Mais, en dépit des protestations des érudits de la langue arabe, le tribunal s’est appuyé sur une traduction de la poésie de Tatour faite par un policier israélien.

À la façon d’un élève, il a traduit le mot arabe « shahid » (martyr) qui, pour les Palestiniens, évoque toute victime de l’oppression israélienne, en le réduisant à la notion de « terroriste ». « Ce n’est pas un procès, c’est une pièce de théâtre » a dit Tatour à propos de la procédure judiciaire.

Une poignée de personnalités littéraires israéliennes, dont l’auteur de renom AB Yehoshua, a protesté contre cette incarcération sans précédent d’un poète, notant que même les régimes les plus répressifs évitent généralement de faire.

Un professeur de littérature hébraïque, Nissim Calderon, a averti : « Ce qui commence par saper la liberté d’un poète palestinien continuera sûrement en sapant la liberté des poètes israéliens ».

Des exigences pour une loyauté artistique

L’attaque contre Tatour s’inscrit dans une campagne beaucoup large d’intimidation et de surveillance des médias sociaux, qui cible presque exclusivement la liberté d’expression des Palestiniens, y compris celle des artistes, tant dans les territoires occupés qu’en Israël.

Mais des lieux plus traditionnels de l’art sont aussi soumis à d’incessantes attaques. La plupart des artistes et institutions culturelles israéliens ont déjà fait l’objet d’intimidations par une campagne, de près d’une décennie, de menaces au financement de la part des gouvernements successifs de Netanyahu.

Ces dernières années, la ministre de la Culture, Miri Regev, ex-censeur militaire, a pratiquement nationalisé les arts en Israël, obligeant les producteurs culturels à se soumettre à l’agenda d’extrême droite du gouvernement.

Les compagnies artistiques doivent désormais déclarer qu’elles sont prêtes à se produire dans les colonies pour recevoir les subventions publiques, et celles qui reçoivent des avantages. Les organismes de financement, cependant, sont soumis à une pression grandissante pour qu’ils enquêtent sur les « parti-pris anti-Israël ».

Chen Tamir, conservateur du Centre de l’art contemporain de Tel Aviv, a récemment déclaré à la New York Review of Books : « Le financement public est manipulé pour devenir un mécanisme de censure ».

Un théâtre fermé

Les Palestiniens en Israël, un cinquième de la population, ne reçoivent que trois pour cent du budget du gouvernement. Le théâtre al-Midan à Haïfa, le seul théâtre palestinien recevant des subventions publiques d’Israël, a été fermé après que l’une de ses pièces a mis en fureur Regev.

L’an dernier, les organisateurs d’un festival de théâtre à Acre a été effectivement fermé pour empêcher la représentation d’une pièce sur les prisonniers palestiniens.

L’auteure de la pièce, Einat Weizman, a rapporté que la campagne de haine menée contre des artistes comme elle-même – « des gens qui voulaient me tuer et me violer » - s’est déplacée des médias sociaux vers la rue. Elle doit maintenant être escortée quand elle est en public.

Mais de tels artistes sont l’exception. Comme l’a noté récemment l’actrice palestinienne Lamis Ammar : « La plus grande partie de l’art israélien, en fin de compte, sert à justifier les méfaits israéliens, au lieu de les traiter et de les supprimer ».

La bonne volonté de Brand Israel

Pendant qu’Israël écrase la dissidence artistique chez lui, il s’active aussi à exporter une culture israélienne dépolitisée dans le cadre d’un programme appelé « Brand Israel » (la marque Israël). L’objectif est d’inciter le public à l’étranger à négliger le rôle d’Israël dans l’oppression des Palestiniens en mettant en valeur Israël comme une société pleine de vie, tolérante, multiculturelle.

La culture populaire occidentale, tel le Concours Eurovision de la chanson dont les finales auront lieu ce week-end au Portugal, est pillée comme un moyen pour renforcer la bonne volonté d’Israël. Sa participation dans ce concours suggère à tort que non seulement Israël fait partie de l’Europe, mais qu’il respecte les normes multiculturelles, libérales-démocratiques de l’Europe.

La candidate d’Israël cette année, Netta, favorite des bookmakers, est la pop plastique par excellence du moment, et elle a fait référence à plusieurs reprises à une icône culturelle occidentale – Wonder Woman – qui a récemment été « israélisée » par l’actrice Gal Gadot.

De même, ce mois-ci, Israël a accueilli la grande course cycliste européenne, le Giro d’Italia, pour la première fois organisée à l’extérieur de l’Europe.

Une « culture » israélienne financée par le gouvernement israélien imprègne les festivals internationaux du film, les tournées théâtrales et les expositions d’art à l’étranger. Des chefs célèbres, des restaurants, des fabricants de produits alimentaires font découvrir aux Occidentaux une « cuisine israélienne » de qualité, dont une grande partie – comme le falafel, l’hummous et les salades – sont issus de l’héritage arabe et palestinien.

Normaliser l’anormal

Tout cela normalise l’extrême anormal : l’occupation de plusieurs décennies de la Palestine par Israël.

C’est une preuve de plus de la complicité de l’Occident non seulement dans les violations systématiques des Palestiniens par Israël, mais dans ses efforts permanents pour aider Israël à faire disparaître les Palestiniens, en les transformant en un non-problème.

Cela doit cesser – et cela ne s’arrêtera pas aussi longtemps que les Israéliens ne seront pas confrontés à des sanctions financières ou même psychologiques pour avoir refusé de mettre fin à son oppression des Palestiniens.

Depuis 70 ans, Israël développe un processus de mise en cantons et de nettoyage ethnique des Palestiniens, pendant que les dirigeants occidentaux ferment les yeux. En fait, par le biais de leurs soutiens économiques, diplomatiques et militaires, les gouvernements occidentaux se rendent activement complices d’Israël dans la dépossession des Palestiniens.

À tout le moins, les universitaires et les artistes devraient prendre les devants, s’opposer à la complicité de leurs propres gouvernements, et finalement faire entendre leur voix pour soutenir un boycott académique et culturel d’Israël.

Jonathan Cook, journaliste britannique basé à Nazareth depuis 2001, est l’auteur de trois livres sur le conflit israélo-palestinien. Il est un ancien lauréat du Prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Son site et son blog se trouvent à l’adresse : www.jonathan-cook.net

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