Affrontements dans un village bédouin qui doit être détruit par Israël

Des affrontements entre les forces de l’ordre israéliennes et des manifestants ont eu lieu aujourd’hui dans un village bédouin de Cisjordanie occupée dont Israël a annoncé la destruction imminente, a constaté l’AFP. L’armée israélienne a présenté hier un ordre d’expulsion aux habitants de Khan al-Ahmar, leur annonçant la saisie des routes d’accès à ce village qui compte 173 habitants et une école, selon B’Tselem, une ONG israélienne opposée à l’occupation des territoires palestiniens.

Des équipements lourds, dont un bulldozer, ont été déployés aujourd’hui autour de la localité, ce qui a entraîné des jets de pierres de la part de manifestants puis des affrontements avec les forces de l’ordre israéliennes. « Les préparatifs de la destruction du site ont été mis en place ce matin et plusieurs personnes ont été arrêtées alors qu’elles protestaient pacifiquement en bloquant un bulldozer », a affirmé Amit Gilutz, porte-parole de B’Tselem, dans un communiqué. Plus de 30 personnes ont été blessées, dont quatre ont été hospitalisées, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Khan al-Ahmar est situé à l’est de Jérusalem, sur la route menant à la mer Morte, près de plusieurs colonies israéliennes. Selon les autorités israéliennes, ce village a été construit illégalement et la Cour suprême a rejeté en mai un appel des habitants contre la démolition. Les habitants et les militants de B’Tselem soulignent de leur côté que l’obtention de permis de construire par des Palestiniens de la part des autorités israéliennes est pratiquement impossible dans ce secteur de Cisjordanie occupée. Les autorités israéliennes ont proposé aux habitants de s’installer dans un autre secteur de la région.

Alistair Burt, le ministre d’Etat britannique chargé du Moyen-Orient, avait visité le village en mai et appelé le gouvernement israélien à faire preuve de retenue. Il avait affirmé que cette expulsion « pourrait constituer un transfert forcé du point de vue des Nations unies ». Un transfert forcé de population est considéré comme une violation de la Convention de Genève. Les forces de l’ordre par ailleurs ont détruit des structures d’habitations et agricoles dans le village bédouin voisin d’Abou Nuwar, laissant 62 personnes sans domicile, selon B’Tselem.

Selon B’Tselem, la poursuite de la construction dans les colonies israéliennes situées à l’est de Jérusalem pourrait aboutir à une division entre le nord et le sud de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

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