Déclaration de PHR-Israel : le système de santé de Gaza au 10 juillet

PHR-Israel a publié une déclaration publique aujourd’hui dans Ha’aretz appelant à cesser les violences et à en empêcher de nouvelles à l’avenir.

En tant qu’hommes et femmes de professions de la santé et de la médecine, il est de notre première responsabilité de prévenir le mal. Nous croyons que la responsabilité de l’État envers ses citoyens ne peut se réduire à des exercices périodiques de sa puissance militaire. Il incombe à l’État de présenter une vision claire et réelle pour l’égalité, la paix et la liberté, car elles-seules peuvent apporter une sécurité à long-terme. Cependant, il n’y a aucune vision, et à la place, nous assistons à une nouvelle démonstration de sa force militaire.

En tant que praticiens et militants pour les droits humains et pour la paix, nous rencontrons les victimes et sommes les témoins de leur détresse, de leur souffrance et de leur humiliation, chaque jour. Ancrés dans cette expérience, nous avons la conviction que le chemin vers une solution juste, et pour empêcher que d’autre sang ne coule, passe par la prise de conscience que la liberté et la sécurité des résidents d’Israël sont liées à la liberté et la sécurité des habitants des territoires occupés : la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Les années d’intensification de contrôles et de bouclages de Gaza d’une part, et l’absence d’activité pour promouvoir une juste solution et la fin de l’occupation d’autre part, nous conduisent dans l’abîme, attisent les flammes de la haine et de la vengeance qui sapent les fondements sur lesquels s’appuie une société saine.

Dans un souci pour la vie et le bien-être de toutes celles et ceux qui vivent dans cette région, nous implorons la fin des tirs et de l’incitation. N’amenez pas plus de victimes à notre porte nécessitant nos soins. Mettez la vie, la santé et les droits de tous au cœur de vos préoccupations. Ne continuez pas, en notre nom, cette opération destructrice et vengeresse. Le temps est venu de consacrer les ressources et les énergies qui sont actuellement dirigées vers la violence et le meurtre, à faire cesser enfin l’occupation et à créer une nouvelle vision pour cette région.

Mise à jour : La condition du système de santé de Gaza dans le sillage de l’offensive actuelle.

Selon le ministre palestinien de la Santé, jusqu’à ce matin (8 h) du 10 juillet 2014, l’offensive militaire contre la bande de Gaza a tué 61 Palestiniens et en a blessé des centaines d’autres. Le 8 juillet, le ministre de la Santé à Gaza déclarait une situation d’urgence et suspendait les opérations non urgentes, relevait le niveau d’alerte dans tous les établissements de santé et annulait toutes les vacances des personnels hospitaliers.

Avant même que l’offensive en cours ne commence, le 24 juin (durant l’opération Brother’s Keeper – Gardien du frère), le ministre de la Santé dans la bande de Gaza décrivait la situation comme la pire depuis le début du siège en 2007.

Selon les responsables de Gaza, il y a en ce moment une pénurie d’environ 55 % dans l’équipement médical nécessaire ; c’est-à-dire que 471 types de fournitures médicales et autres petits matériels sont en rupture de stock. Trente pour cent, soit 122 types de médicaments de base, sont également indisponibles.

L’hôpital de Shifa, le plus grand de Gaza, a traité approximativement 160 blessés depuis le début de l’offensive. En plus, 38 corps de victimes ont été transférés vers l’hôpital. Le Dr Muhammad Elron, du département de chirurgie de l’hôpital, a transmis cette nouvelle information à l’équipe de PHR-Israel que le stock d’anesthésiques et de bandages fourni par le ministère de la Santé était épuisé et que l’hôpital devait utiliser le stock d’urgence interne, prévu pour traiter uniquement les blessés et dont il dit qu’il ne suffirait que pour trois jours.

L’information fournie à PHR-Israel par l’équipe médicale de l’hôpital Al Awda, à Jabali, montre que l’hôpital a dû improviser et trouver des substituts aux fournitures de bases. Par exemple, dans les salles d’opération, le personnel utilise des fils ordinaires, non stériles, provenant d’un atelier de couture, à la place des fils médicaux spéciaux. La désinfection avant utilisation est faite manuellement pour éviter les infections.

Les infrastructures médicales endommagées : l’hôpital européen à Khan Younis a subi les dommages le 7 juillet d’un bombardement aérien effectué à proximité, et qui a blessé également 17 personnes – pour la plupart des femmes et des enfants. En plus des malades, de nombreux civils sont venus chercher refuge dans l’hôpital après que leurs maisons eurent été endommagées ou démolies dans le bombardement. Les dommages concernent notamment les plafonds en plâtre des départements de soins intensifs, de pédiatrie, de l’entrée de l’hôpital et de la salle d’attente, qui tous, se sont effondrés. D’autres départements, notamment ceux de la médecine interne, de la cardiologie et de la chirurgie pédiatrique ont été remplis de débris de vitres quand les fenêtres et les vitres des portes se sont brisées. Au vu des dommages, l’hôpital a été contraint d’évacuer le département de pédiatrie et de fermer tous les services de consultations.

En plus de cette mise à jour d’aujourd’hui par l’hôpital, la PMRS (Palestinian Medical Relief Society - organisation palestinienne de santé composée de bénévoles opérant dans les territoires occupés) rapporte que le Centre médical Shalev à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, a été endommagé par de lourds bombardements tombés à proximité, et que toutes les fenêtres ont été brisées.

PHR-Israel demande à la communauté diplomatique de faire le maximum pour qu’il soit mis fin à la violence et pour soutenir le système de santé afin d’éviter son effondrement en ces moments si cruciaux.

Veuillez…

Hadas Ziv

Sensibilisation du public

PHR Israel


Haaretz : des militants internationaux restent dans un hôpital de Gaza que les FDI projettent de bombarder

Quatorze malades, des hommes et des femmes de plus de 60 ans qui ne peuvent être déplacés, toujours hospitalisés dans le seul hôpital de réadaptation de Gaza.

Amira Hass | Haaretz | 12 juillet 2014 |

Des militants de la solidarité internationale restent dans un hôpital de Gaza que les Forces de défense israéliennes projettent de bombarder, comme boucliers humains. Ils ont rejoint des malades qui ne peuvent partir parce que les autres hôpitaux de Gaza se trouvent en état d’urgence, qu’ils traitent les personnes blessées sous les bombardements et s’attendent à plus de blessés encore à venir.

Deux missiles de semonce ont été tirés sur l’hôpital d’Al Wafa à l’est de Gaza ville à 2 h du matin ce vendredi, a déclaré le directeur Basman al Ashi à Ha’aretz. À 7 h, un autre missile a été tiré sur le quatrième étage, creusant un large trou dans le plafond et brisant les fenêtres. L’étage avait été évacué mercredi.

Après le tir du missile, quelqu’un a appelé l’hôpital. Parlant en arabe avec un net accent israélien, il a demandé s’il y avait des malades à l’étage supérieur, si quelqu’un avait été blessé et s’il y avait des plans pour les évacuer. La réponse à chacune de ces questions a été négative.

Al Wafa est le seul hôpital de réadaptation de la bande de Gaza. Créé en 1996, il est destiné aux personnes blessées dans de graves accidents. Actuellement, il y a 14 patients âgés de plus 60 ans qui sont traités dans l’hôpital, des malades qui requièrent des soins constants et ne peuvent s’occuper d’eux-mêmes sans surveillance médicale. Certains sont impotents, d’autres sont alimentés par voie intraveineuse. Vingt-cinq autres en situation moins aiguë ont pu quitter l’hôpital, a déclaré Al Ashi à Ha’aretz.

Joseph Cotran, un Américain de 33 ans, est l’un de ces militants qui ont décidé de rester dans l’hôpital, comme boucliers humains, avec d’autres de Nouvelle-Zélande, Australie, Angleterre, Espagne Suède, et Venezuela. Cotran a déclaré à Ha’aretz que le directeur de l’hôpital leur avait fait faire le tour de tous les étages et des salles de l’hôpital, et « bien que je ne sois pas un militaire, je n’ai rien vu de ce qui pourrait ressembler à une roquette dans l’hôpital ».

Selon Cotran, lui et ses amis ont notifié à leurs ambassades respectives qu’ils restaient dans cet hôpital qui très probablement sera bombardé.

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