« Gaza », de Norman Finkelstein, est un acte de témoignage exhaustif

« Gaza : une enquête sur son martyre »
un livre de Norman Finkelstein
440 pages. Presse de l’Université de Californie. $34.95.

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Après la guerre de 2012, j’ai dit à mon équipe de Gaza que nous avions besoin d’un nouveau langage. La « guerre » était une poursuite orientée vers un but, tempérée par un risque mortel et stratégique. Et le maintien du conflit par Israël n’était rien de cela.

Après la guerre de 2014, alors que nous portions encore ces regards déconnectés, j’ai commencé à attribuer une responsabilité proportionnelle. J’ai lu des livres sur la responsabilité des armées, l’arc de la projection de la force à la protection de la force, des manuels techniques du droit de la guerre, et tous les comptes rendus que j’ai pu trouver. Je ne parvenais pas à démêler leurs folles incohérences. À partir de leurs conclusions, je ne pouvais pas reconnaître ce que j’avais vu. J’ai dit à mon équipe que nous avions besoin d’une nouvelle sorte d’érudition.

« Gaza : une enquête sur son martyre », rend possible une érudition différente. Norman Finkelstein a entrepris de déconstruire un récit inexact de la guerre à Gaza, en réfutant ses composantes. Une par une. Finkelstein est un auteur, un militant et un érudit avec des décennies d’archives et d’indignation à apporter.

Gaza est un acte de témoignage exhaustif. Je n’approuve pas certains de ses choix, et je note cela afin de souligner qu’il n’est pas nécessaire d’être d’accord. J’ai trouvé Gaza extrêmement précieux en tant qu’argument, exigence d’établir les responsabilités, et en tant que réponse à la question que mon équipe a répétée : « Que pensent-ils que nous sommes ? ».

Dès le début, Norman Finkelstein est précis concernant son travail. « Ce livre n’est pas sur Gaza. Il est sur ce qui a été fait à Gaza ». Les 400 pages qui suivent affrontent et démystifient une décennie de violence médiatisée. Finkelstein dénonce non seulement les acteurs israéliens, politiques et militaires, mais également les ONGs et institutions dont le travail devrait être de protéger les droits des Gazaouis. Au lieu de cela, dit-il, les Gazaouis sont pilonnés par l’armée, et ensuite « trahis » par un ensemble complice d’institutions.

Finkelstein dit avoir cherché à combiner une érudition rigoureuse avec sa colère devant les mensonges qui rendent possible la violence. Il enfonce le clou et il ne lâche rien. Et bien qu’il prévienne du peu d’intérêt du livre, je trouve que son écriture est très lisible même si, bien sûr, son contenu est choquant.

Pour aider à la recherche des autres, j’ai grandement apprécié son choix d’inclure des notes de bas de page détaillées, et non des notes en fin de texte. Elles sont riches de sources pour aller à des lectures complémentaires. J’aurais aimé une bibliographie complète, bien que cela eût pu doubler la longueur du livre.

Il se met directement au travail, avec peu de répétitions de l’histoire.

Faire de Gaza une cible

Chaque écrivain doit demander, « Pourquoi Gaza – Pourquoi là-bas ? ». Norman Finkelstein suggère que Gaza, « pauvrement défendue mais fièrement provocante », a été un site exigeant pour « décourager les Arabes, décourager la paix ». Là-bas, Israël a périodiquement renouvelé ses moyens régionaux de dissuasion, sans courir le risque d’avoir à se battre contre un ennemi parfaitement équipé. J’ajouterais que, parce que Gaza ne dispose d’aucun matériel de guerre défensif, Israël peut tirer à volonté depuis le sol, la mer et le ciel. Ce déséquilibre en sa faveur fait qu’il est doublement important d’examiner attentivement les choix d’Israël.

L’examen de Gaza est implacable. Finkelstein utilise les statistiques sur les maisons pour marteler l’asymétrie criante dans la violence et les dommages. Dans l’opération Plomb durci, l’invasion de trois semaines de 2008, 6300 maisons gazaouies ont été détruites, pour une seule maison israélienne.

Il énumère les allégations qui sont faites, répétées, absorbées dans le langage – mais jamais étayées. Après que 29 ambulances eurent été endommagées ou détruites dans l’opération Plomb durci, un rapport (rapport sur commande) des Médecins pour les droits de l’homme/Israël a conclu que les ambulances avaient été « ciblées » dans une campagne dont « le sens sous-jacent... a semblé être de créer la terreur, sans pitié pour quiconque ». Dans son dossier, Israël cite l’utilisation militaire « extensive » des ambulances par le Hamas, sans preuve sérieuse. Goldstone n’a pas pu en trouver une. B’Tselem n’en a trouvé aucune. Magen David Adom (Étoile rouge de David – Croix-Rouge d’Israël) conteste elle aussi l’accusation, et pourtant celle-ci perdure, on ne sait comment, comme une légende urbaine. Quarante-cinq ambulances ont été endommagées ou détruites dans l’opération Bordure protectrice.

Pour illustrer le caractère intentionnel de la Doctrine Dahiya de la force disproportionnée, Finkelstein accumule citation après citation. Les sources militaires et gouvernementales israéliennes s’accusent elles-mêmes. Le Vice-Premier ministre d’Israël, Elil Yshai, a bien déclaré à propos de l’opération Plomb durci qu’ « il (devrait être) possible de détruire Gaza, et qu’ainsi ils comprendront qu’il ne faut pas nous chercher querelle… Des milliers de maisons, de tunnels et d’industries seront démolis ».

Que faut-il faire, demande Gaza, pour que les ambulances palestiniennes soient présumées civiles, ou pour que la logique d’Israël en faveur d’une force disproportionnée, qu’il décrit si ouvertement, soit remise en question ? Pour Finkelstein, c’est là que le gros mensonge est patent : c’est un crime de guerre que d’employer intentionnellement une force disproportionnée, ou de prendre pour cibles en premier les infrastructures civiles… à moins d’avoir préparé le terrain en expliquant à l’avance que tout objet est militaire, terroriste et, par conséquent, légitime.

Gaza extrait des thèmes constants des documents. Finkelstein les réfute longuement, à commencer par l’accusation selon laquelle le Hamas utilise les civils comme boucliers humains. Il ramène chaque digression à ce qu’elle signifie : c’est ce récit qui corrode les droits de l’homme et la protection des civils à Gaza. C’est ainsi que les victimes gazaouies sont rétrogradées au statut de dommage collatéral, et que la responsabilisation est transmise des choix d’Israël à ceux du Hamas.

Ces thèmes amènent Finkelstein à son argument ultérieur qu’il étaye, à savoir que la preuve concernant ces guerres est évaluée dans un cadre orienté. Les observateurs reconnaissent qu’Israël pourrait, de temps à autre, commettre une erreur dans son utilisation responsable et légitime de la force, tout en supposant l’illégitimité et la préméditation des actions du Hamas.

L’approche de Gaza est rétrospective, et j’aurais aimé plus de liens avec les courants de pensée émergents. Gaza arrive au moment où s’opère un changement intergénérationnel dans le débat entre et sur les Palestiniens. Un certain nombre de questions rebelles dans Gaza pourraient être transformées au lieu d’être réglées avec de vieux paramètres. Quelques exemples vont l’illustrer :

  • Les Palestiniens débattent du cadre qui exprime le mieux leur expérience, afin de s’unir derrière un récit unique et un ensemble d’exigences pour un rétablissement.
  • Les lois de l’occupation décrivent un état temporaire. Comment les Palestiniens réagiront-ils à l’incapacité du droit existant à réglementer un régime d’occupation aussi constant ?

Au fur et à mesure que ces questions, et d’autres, sont repensées – décolonisées -, j’ai de plus en plus espoir que la politique et le militantisme transformeront ce gâchis. Bien sûr, l’exercice d’établir la responsabilité est historique. Cependant, la liste des questions de Gaza pourrait aussi servir à guider les lecteurs.

Dans son bref chapitre sur l’opération Pilier de défense, en novembre 2012, Finkelstein prend note de la capacité des autres États à limiter l’extension et la durée des bombardements des FDI (Force de défense israélienne). J’aurais aussi aimé qu’il se penche davantage sur la question de la responsabilité des donateurs et des États. Leur assentiment, et leurs choix en matière d’aides néo-libérales, ne sont pas souvent suffisamment remis en cause dans ce qui est fait à Gaza.

De la chronique à la responsabilisation

Quand je suis arrivée à la partie sur l’opération Bordure protectrice, en juillet-août 2014, au milieu du livre, je suis parvenue à comprendre comment l’enquête de Finkelstein sur les poursuites judiciaires pouvait me permettre de contextualiser la guerre que nous avions vue.

À côté de Gaza, j’ai consulté l’analyse par Action sur la violence armée (AOAV) de la politique en armement et des règles d’engagement des FDI durant les guerres contre Gaza. L’AOAV place les faits de 2014 à l’intérieur de tendances longitudinales. Ensemble, la progression par l’AOAV et le détail de Finkelstein illustrent d’une manière plus saisissante un danger croissant pour les Gazaouis.

À ces documents rétrospectifs, les lecteurs doivent aussi ajouter le témoignage de quelqu’un qui l’a vécu, dans un abri surpeuplé, sur le terrain d’un hôpital, ou à la maison, dans la nuit. Vous devez laisser une voix expliquer que c’était incessant, que le grand nombre de tonnes d’explosifs puissants faisait trembler le sol et que les pertes allaient s’aggravant.

Le meurtre de quatre garçons sur la plage a coupé le souffle à tout le monde, certes, mais, le lendemain, trois autres enfants étaient touchés et tués alors qu’ils jouaient sur leur terrasse.

Un membre de mon équipe m’a appelée à ce moment-là, et m’a dit en chuchotant, pour que ses propres enfants ne l’entendent pas, « J’ai peur. Ils essaient de briser notre volonté en tuant les enfants ».

La violence autour de nous était d’un ordre de grandeur si disproportionné que l’intelligence refuse d’y croire. Une voix exige que vous ne vous contentiez pas d’y croire, mais aussi que vous la transposiez dans votre vie, vos enfants, votre quartier.

Je me souviens d’avoir roulé jusque sous mon bureau à l’aube du 30 juillet. Les communiqués avaient enregistré plus d’une bombe par minute pendant la nuit, et mes mains tremblaient alors que je fouillais les sites d’information. Je les interpellais l’un après l’autre, « Que diriez-vous si cela arrivait à Tel Aviv ? ».

Les bombardements et les abris scolaires et Shuja’iyya et Khuza’a et Rafah et… Où était le monde ?

Et puis, où était la responsabilité ?

Finkelstein répond en passant de la chronique à l’argumentation. Dans les chapitres intitulés Trahison I et II, il accuse les ONGs des droits de l’homme d’une « capitulation aussi envahissante que pathétique ».

Il présente son désaccord avec Amnesty International en trois points, et il reproduit intégralement leur réponse. Sur le fond, il demande,

“Israël a-t-il pris pour cible d’abord la population civile de Gaza ou des objectifs militaires légitimes durant l’opération Bordure protectrice ? Si les faits établis par Amnesty International confirment bien de façon écrasante la première réponse, son analyse juridique de ces preuves présuppose systématiquement la seconde. En d’autres termes, son analyse juridique contredit à plusieurs reprises ses propres constatations probantes et, en réalité, exonère Israël de l’accusation la plus explosive portée contre lui.”

Finkelstein qualifie leurs conclusions de « matériellement grotesques et, moralement, de parodie ». Une preuve qui serait suffisante pour condamner l’autre, à Gaza elle pourrait surmonter l’indulgence qu’il appelle SP41 – la présomption spéciale pour les bonnes intentions d’Israël.

Les rapports du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies ont considéré chaque roquette du Hamas comme indiscriminée par nature, puisque les roquettes ne pouvaient être dirigées sur des cibles précises.

“On reste donc perplexe en voyant pourquoi ce ne serait pas également une attaque indiscriminée par nature quand c’est Israël qui envoie, dans une frappe de précision, au cœur d’un quartier densément peuplé de civils, une bombe de 2000 livres qui « génère une boule de feu de 8500 degrés (Farenheit), qui creuse un cratère de 20 pieds en déplaçant 10 000 livres de terre et de roches, et génère suffisamment de souffle pour abattre des blocs de murs entiers et projeter des fragments de métal à un mile ou plus ». À la place, le rapport du CDH estime que l’utilisation par Israël d’une telle arme, en de telles circonstances, est « extrêmement discutable ». S’il vous plaît, dites-moi, quelles questions subsistaient ?”

Il détaille aussi ce qu’il appelle la fausse équivalence en matière de souffrance par le CDH. Une évaluation impartiale des dommages ne peut rendre justice aux véritables proportions du conflit.

Civils tués : Gaza : 1600 ; Israël : 6 ; rapport : 270 pour 1 ;

Enfants tués : Gaza : 550 ; Israël : 1 ; rapport : 550 pour 1 ;

Maisons gravement endommagées ou détruites : Gaza : 18 000 ; Israël : 1 ; rapport : 18 000 pour 1 ;

Complexes médicaux endommagés ou détruits : Gaza : 73 ; Israël : 0 ; rapport : 73 pour 0.

(Extrait de Table 12 dans Gaza : enquête sur son martyre)

Pourquoi les ONGs et les institutions ont-elles pris du recul et se sont-elles abstenues d’investiguer de façon plus agressive sur les possibles violations du droit ? Finkelstein attribue cela à un public qui a fini par s’habituer et accepter les « massacres périodiques » à Gaza, aux yeux inquiets devant la punition qui a été infligée à d’autres enquêteurs, et à la température politique.

Gaza se termine avec un appendice sur le « refus total d’honorer le droit international » par l’occupation. Finkelstein demande à l’Assemblée générale des Nations-Unies d’en exiger le terme, indépendamment de tout « processus de négociation interminable, dont le but évident… (est) de rendre l’occupation irréversible, et de reléguer à l’oubli le peuple de la Palestine ».

Au-delà de « Gaza »

Selon ses propres termes, Finkelstein fait ce qu’il a décidé de faire. Aujourd’hui, permettez-moi de remettre en question certains de ses termes qui, je crois, rendent le travail inachevé.

Où va toute l’indignation – j’entends, aujourd’hui ? Pourquoi le carnage à Gaza est-il autorisé, pourquoi les États et les peuples occidentaux ne réagissent-ils toujours pas ? La question est au-delà du champ de Finkelstein, mais c’est là que son livre me conduit naturellement. Je ne peux me satisfaire d’en rester là où Gaza s’arrête.

Finkelstein s’est attelé à une montagne de travail, afin de surveiller certaines des violations et de rapporter sur la violence commise à Gaza. Je suis d’accord pour dire que le récit de ce qui est fait à Gaza équivaut à un gros mensonge. Cependant, je pense que c’est ce gros mensonge qui rend possibles les campagnes militaires. Et Finkelstein ne remet pas en cause le mensonge à sa source.

La déshumanisation de Gaza est le vecteur par lequel les violations font leur chemin : les suggestions incessantes selon lesquelles les Gazaouis sont moins que des êtres humains et que, par conséquent, ils méritent moins de protection civile dans une guerre. Comme ils sont cachés, il est plus facile de les diaboliser. On peut leur nuire sans vigoureuses objections, parce qu’ils ont déjà été rendus différents de nous.

Le respect des lois de la guerre et des droits des civils sera nécessaire et insuffisant aussi longtemps que cette diabolisation persistera – non pas du Hamas, mais de tous les Gazaouis. Gaza est indispensable pour l’exigence d’établir les responsabilités. Toutefois, nous devons aussi rétablir les Gazaouis en tant qu’êtres humains, auxquels les lois et les droits s’appliquent. Cela nivellera le cadre pour un examen futur.

Et il nous faut faire cela avant la prochaine guerre.

Par conséquent, je pense que Gaza a besoin d’un volume d’accompagnement, avec trois thèmes.

Tout d’abord, le récit doit inclure la ligne de fond, ainsi que la violence, dans ses titres. Les ONGs comme B’Tselem et Gisha font un travail excellent de présentation des faits pour le blocus et les régimes de séparation. Cependant, il est urgent de dénoncer les misérables euphémismes qui normalisent tant de violence prosaïques : le « calme relatif », les « incursions », le ravitaillement apparemment sans fin de « l’infrastructure terroriste », et les « meurtres ciblés » qui transforment tout Gaza en un flipper.

Deuxièmement, Finkelstein reconnaît qu’ « être fait pour » ne décrit pas suffisamment une communauté, mais il prend garde à ne pas mettre en avant l’agence chétive de Gaza. L’inverse n’est-il pas vrai ? N’est-ce pas insuffisant de présenter Gaza sans elle ? Les Gazaouis sont habilités à détenir leurs droits, précisément parce qu’ils sont tout un peuple, faisant ses choix, obstiné, normal, uni comme une colle contact sous la pression, et excessivement confiné depuis sa naissance. Quand nous les décrivons plus complètement, nous attirons l’attention sur les violations de leur statut humain le plus fondamental. Le gros mensonge sur Gaza ne sera pas vaincu sans que ne soit rendu leur pleine humanité à ceux que l’on a calomniés.

Enfin, un récit plus complet requiert la volonté de tenir compte du Hamas et des autres combattants gazaouis, ce que ce livre ne fait pas. Norman Finkelstein affirme que l’on ne peut attendre du Hamas qu’il évite de mettre en péril les civils en éloignant ses combattants des objectifs civils, puisque les civils seraient, ailleurs, exposés d’une façon déraisonnable. Compte tenu du droit à la résistance armée face à une occupation, il s’interroge sur la façon dont les belligérants les plus pauvres, gênés, peuvent envisager de résister, sinon avec de l’armement primitif tel que les roquettes (non dirigées sur des cibles précises) du Hamas. Il n’accorde aux attentats suicides de la Deuxième Intifada absolument aucune véritable attention critique.

Cela permet au Hamas et aux autres militants gazaouis de se tirer d’affaire trop facilement. Établir les responsabilités demande à chacun de rendre des comptes proportionnels. Je pense que la responsabilisation des combattants est d’une importance spécifique à Gaza.

Les Israéliens protestent car ils ne peuvent mener une guerre à Gaza sans tirer sur des bâtiments civils ou à proximité. Ce que réfute Finkelstein : si cela ne peut pas être fait dans la légalité, alors arrêtez de le faire. Ce sont des guerres de choix, avec des alternatives. Certaines choses constituent tout simplement des fautes, comme lâcher de grosses bombes hautement explosives sur des villes emmurées.

Eh bien, je me suis aussi sentie vraiment indignée par le salaud qui avait décidé de tirer en étant tout près de notre mur, les fins d’après-midi durant la guerre de 2014. Je n’ai pas assimilé le « bang » de ses tirs de roquettes au BOOM de la réponse israélienne qui faisait voler des nuages de plâtre, mais ce que je voulais vigoureusement, c’est que tous s’éloignent des immeubles.

Il a aussi été trouvé que le Hamas avait violé la neutralité des installations des Nations-Unies en stockant des armes dans plusieurs écoles non utilisées comme abris. Je le répète : il n’y avait aucune arme dans les sept écoles abris qui ont été frappées par les FDI. Toute un ensemble d’autres articles mériterait également d’être investigué.

Les combattants de Gaza ont fait des choix. Certains ont été nocifs.

Leurs choix sont une dimension de ce qui est fait aux Gazaouis. En fait, il a semblé que l’une des facettes d’être Gazaoui était de savoir que sa vie et celle de ses enfants étaient estimées à bas prix, parfois par les deux belligérants. Il m’a été pénible de voir ma propre équipe intérioriser et accepter pour eux ce statut au rabais. Leur mise en péril dans son ensemble mérite d’être rapportée et mesurée.

Mettre en cause les choix du Hamas ne nuit pas à la cause de Gaza. Les obligations des belligérants ne sont pas réciproques. Autrement dit, ils ne se doivent aucun comportement légal les uns à l’égard des autres, et le mauvais comportement de l’un ne libère pas l’autre de ses obligations légales. Chaque côté armé, de manière indépendante et sans possibilité d’exception, est lié par ces lois. Par conséquent, aborder les dommages proportionnés causés par le Hamas n’excuse en rien les violations par Israël.

Demander une responsabilisation totale apporte un plus grand éclairage sur le terrain très dangereux que les Gazaouis habitent.

D’ailleurs, nul besoin pour les Gazaouis d’être des victimes parfaites pour mériter une protection. Il leur suffit d’être des êtres humains, avec les mêmes droits, les mêmes protections, et les mêmes potentiels que nous nous reconnaissons tous mutuellement.

Le livre de Norman Finkelstein est d’une valeur immuable pour les Gazaouis, et pour tous ceux qui cherchent à établir les responsabilités dans la violence perpétrée à Gaza. Je le recommande, à côté d’autres voix pour que l’histoire soit racontée aussi complètement que possible.

Note de l’auteure : J’ai lu une ébauche de « Gaza : une enquête sur son martyre », et j’ai commenté les sections couvrant la période où j’ai travaillé et habité à Gaza, en 2011-2015. J’ai également travaillé comme membre de l’équipe de gestion des urgences de l’UNRWA, à Gaza, pendant la plus grande partie de l’opération Bordure protectrice, la guerre de 2014. Les opinions exprimées ici ne sont que les miennes, et n’engagent pas mon ancien employeur.

Marilyn Garson a travaillé avec des communautés touchées par la guerre, notamment en Afghanistan et au Pakistan (2005-2010), et dans la bande de Gaza (2011-2015). Elle est cofondatrice de Gaza Gateway, une entreprise sociale créatrice d’emplois à Gaza. Elle écrit depuis la Nouvelle-Zélande, et blogue à Contrapuntal : Transforming Gaza. Vous pouvez la suivre sur Twitter [at]skinonbothsides.

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