L’université hébraïque recrute les futurs tortionnaires et assassins du Shin Bet

Les institutions universitaires israéliennes assurent la promotion de l’occupation et de l’état sécuritaire national d’innombrables manières. Depuis l’intégration des forces de défenses israéliennes dans les lycées techniques où l’armée recrute ses futurs hackers de la cyberguerre, jusqu’à l’accueil de salons de l’emploi surcotés où les agences de renseignements recrutent leurs futurs assassins et tortionnaires.

Ilana Hammerman a raconté un événement de ce genre, organisé pour le compte du Shin Bet par l’université hébraïque, et dans ses locaux. J’ai décrit ici la politique de recrutement du Shin Bet et la collaboration à celle-ci des universités israéliennes. Dans ce post, je mentionnais que les universités du pays devaient par loi partager les noms et les informations personnelles des étudiants inscrits pour que les agences en fassent ce qu’elles veulent.

Quant à Hammerman, elle a été invitée personnellement, comme tous les étudiants, à assister à une conférence spéciale de deux heures au cours de laquelle les recruteurs du Shin Bet vantaient les produits de l’agence devant un auditoire passionné de centaines d’étudiants. On leur a expliqué que l’agence d’espionnage intérieur recherchait des esprits sensibles et intelligents qui pourraient non seulement communiquer avec les espions palestiniens, mais les forcer à faire quelque chose qui pour eux est complètement contre nature. On a parlé à l’auditoire du chaleureux sentiment qu’ils auraient dans leur for intérieur en sachant qu’ils passaient leurs journées de travail à protéger leur nation.

Mais Hammerman termine en expliquant à ses lecteurs ce qui manque à cet argumentaire de vente :

« La réunion s’est terminée sous les applaudissements et les [agents du Shin Bet] avec leurs chemises blanches fraichement repassées sont sortis, se tenant à leur poste dans le hall, comme promis, pour encourager les personnes souhaitant des discussions personnelles et pour recevoir les candidatures.
Lorsque je suis partie, ils étaient entourés d’une foule de gens se bousculant autour d’eux. Je suis retournée à la maison, profondément ébranlée de ce que j’avais vu et entendu dans le Bâtiment Mexico de l’université, dans la forteresse universitaire, sur les hauteurs du Mont Scopus.

Et j’étais particulièrement choquée de qu’eux n’avaient ni vu ni entendu, dans les cours militaires et les ruelles de Yata et Hebron, à commencer par la destruction méthodique de la société palestinienne en Cisjordanie, puis la tentation, les menaces et l’intimidation, enfin la torture dans les centres d’interrogatoire du Shabak.

Je me suis dit : j’ai consigné ces méthodes de la bouche des victimes elles-mêmes, et elles m’étaient présentées ici comme un parfait boniment de relations publiques, sous le parrainage de l’université hébraïque. Et personne ne s’est plaint, n’a protesté ou fait exploser cette méprisable conférence. À propos de cette collaboration avec le Shabak il est approprié d’appeler à un boycott universitaire de l’université et de ses enseignants, que le code éthique l’interdise ou non. Tous mes sens éthiques, esthétiques et académiques, en tant que diplômée dans le passé et en tant qu’enseignante dans le présent, me disent qu’une institution universitaire n’a pas le droit de collaborer ainsi avec une police secrète quelles que soient les circonstances, et encore moins dans l’état d’Israël compte tenu de la condition dans laquelle il se trouve. »

Le gouvernement israélien et les propagandistes de son lobby dans ce pays [aux États-Unis] cherchent à peindre BDS comme une couverture visant la destruction d’Israël. Quiconque se rapproche du mouvement à moins de trois mètres (Cynthia Nixon, candidate au poste de gouverneure à New York, n’est que le dernier exemple en date) est stigmatisé comme anti-sémite ou nazi. Mais les Américains devraient savoir que les institutions nationales d’Israël, y compris ses universités, sont complices des pires maux de l’occupation. Elles méritent l’opprobre pour ce scandaleux manquement à l’éthique.

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