Le plus grand syndicat d’universitaires au monde va enquêter sur l’enseignement dans la bande de Gaza

Le syndicat britannique vote l’envoi d’une délégation qui aura à examiner les conséquences du blocus israélien, et ce, malgré les critiques que ce voyage représente à la fois un danger et un gaspillage d’argent.

Un syndicat britannique de première importance projette d’envoyer une délégation dans la bande de Gaza afin de se faire une opinion sur les conséquences du blocus israélien sur le territoire, malgré l’opposition du gouvernement du Royaume-Uni et celle de certains de ses membres.

Le syndicat britannique des Collèges et Universités (University and College Union - UCU) a voté à son congrès la semaine dernière l’envoi d’une délégation, « dès que possible », rapporte le journal Times Higher Education. La décision a été jugée dangereuse par le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign and Commonwealth Office – FCO), qui déconseille aux Britanniques de se rendre dans le territoire, et comme un usage injustifiable de l’argent par plusieurs de ses membres.

L’UCU est le plus grand syndicat d’universitaires au monde, avec quelque 108 000 membres.

Pour au moins la moitié, la délégation sera composée de femmes et le voyage aura lieu « en liaison avec la Campagne Solidarité-Palestine ». Il est prévu qu’elle rende au retour un rapport au comité exécutif du syndicat pour aider à guider la politique du syndicat sur Gaza.

Cependant, plusieurs délégués ont fait part de leurs préoccupations à propos de la sécurité, après qu’une délégation féminine eut avorté en mars, au cours de laquelle des dizaines de militantes pour les droits de l’homme, en route pour Gaza, ont été mises en détention à l’aéroport du Caire avant d’être expulsées par les autorités égyptiennes.

« Nous ne suivons pas la consigne claire de sécurité donnée par le FCO, et nous allons nous battre pour obtenir une assurance-voyage » a déclaré Emma-Jane Phillips, représentant l’université de Northumbria. « Je ne sais pas également comment nous pouvons justifier la dépense de milliers de livres sur les fonds de nos adhérents pour ce voyage, quand nous avons tant de conflits et de batailles d’importance à mener (plus près de chez nous) », a-t-elle ajouté.

Mais Ann Blair, de l’université de Leeds, a affirmé que ce voyage est essentiel pour parvenir à une compréhension de la façon dont l’enseignement des femmes et jeunes filles à Gaza est affecté par le blocus.

« Certains verront ceci comme une question secondaire, mais (l’enseignement des femmes) est au centre de nos orientations et objectifs » a déclaré Blair.

Le voyage était aussi susceptible de « rouvrir la question controversée de la position politique de l’UCU à l’égard d’Israël, qui a écarté certains universitaires juifs » écrit le journal.

L’UCU a été en proie à une controverse ces dernières années sur sa politique de boycott des université israéliennes, et un certain nombre de membres juifs ont démissionné, arguant d’un antisémitisme institutionnel.

Une action judiciaire en 2012 contre l’UCU, au motif que ses motions anti-israéliennes n’étaient rien d’autre que de l’antisémitisme, a été rejetée par un tribunal du travail, qui précise, « nous regrettons vivement que l’affaire n’a jamais été présentée. Au cœur, elle représente une tentative inadmissible d’arriver à une fin politique par des moyens litigieux. »

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