Le Sénat irlandais approuve un projet de loi boycottant les produits des colonies israéliennes

| Noa Landau pour Haaretz |Traduction CG pour l’AURDIP |Actualités

Le gouvernement irlandais était opposé à cette législation, mais les législateurs indépendants et ceux de l’opposition l’ont appuyée ■ Israël : Cette mesure ‘nuira aussi aux Palestiniens’.

Le Sénat d’Irlande a voté mercredi un projet de loi visant à boycotter les produits des colonies de Cisjordanie.

Le projet de loi a été approuvé par 25 législateurs, 20 ont voté contre et 14 se sont abstenus. La législation interdit « l’importation et la vente de produits, de services et de ressources naturelles provenant des colonies illégales dans les territoires occupés ».

La motion doit passer devant les deux chambres du parlement avant de devenir une loi.

Plus tôt dans l’année, le vote sur ce projet de loi avait été reporté à la demande du gouvernement irlandais. Le gouvernement, sur les instances d’Israël, a cherché alors à en adoucir la formulation, mais il a été incapable d’arriver à un compromis.

Le projet de loi est passé grâce aux votes des législateurs de l’opposition et des indépendants. La sénatrice Frances Black, qui fait partie des indépendants ayant présenté le projet de loi, a récemment mis en ligne une vidéo incitant les Irlandais à faire pression sur leurs représentants pour soutenir le projet de loi.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a ereinté l’Irlande après l’approbation du projet de loi, affirmant que le « Sénat irlandais avait donné son appui à une initiative de boycott anti-Israël populiste, dangereuse et extrêmiste, qui nuit aux chances de dialogue entre Israël et les Palestiniens ».

Le ministère a ajouté que la loi aura « un impact négatif sur le processus diplomatique au Moyen-Orient » et qu’elle « portera préjudice à la subsistance de nombreux Palestiniens qui travaillent dans les zones industrielles israéliennes affectées par le boycott ». 

Le ministère a déclaré qu’Israël est en train de réfléchir à sa réponse selon les développements concernant cette législation.

Le haut responsable palestinien Saeb Erekat a félicité l’Irlande pour sa décision d’approuver le projet de loi, déclarant qu’il souhaitait « transmettre [leur] sincère reconnaissance au Seanad irlandais qui défendait haut et fort le principe de la justice en bannissant le commerce avec les colonies israéliennes illégales en Palestine occupée ».

« Aujourd’hui le Seanad irlandais a envoyé un message clair à la communauté internationale et particulièrement au reste de l’Union européenne : ne faire que parler d’une solution à deux états sans prendre des mesures concrètes n’est pas suffisant », a continué Erekat.

« Je voudrais utiliser cette occasion pour remercier tous ceux qui ont été impliqués dans le vote de cette loi, des partis politiques aux sociétés civiles palestinienne et irlandaise, et particulièrement la sénatrice Frances Black pour son courage à proposer ce projet de loi qui avance la cause de la justice en Palestine », a-t-il déclaré.

Les réactions des législateurs israéliens à l’approbation de ce projet de boycott ont été mitigées. Le député à la Knesset Ayelet Nahmias Verbin (Union sioniste), qui fait partie du comité des affaires étrangères et de la défense à la Knesset, a dit que « le boycott irlandais contre les produits de Judée et de Samarie pourrait facilement devenir petit à petit un boycott contre les produits israéliens et rendre légitimes des mesures analogues dans d’autres pays européens ».

Parallèlement, la députée à la Knesset Haneen Zoabi (Liste unifiée) s’est vantée d’être « heureuse que la loi passe » et qu’elle « envoyait un message politique important : il est temps que l’Europe reconsidère son approche à la stratégie de boycott. Israël devient chaque jour plus fasciste et le droit international ne fait que faiblir devant la destructivité israélienne ».

La protestation de Netanyahu

Initialement, le vote devait avoir lieu en janvier, mais il a été retardé après que le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadrice d’Irlande en Israël, Alison Kelly, et demandé une explication. Le ministère agissait au nom du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est aussi le ministre des Affaires étrangères.

Kelly a dit à Rodica Radian-Gordon, chef du bureau européen du ministère, que le projet de loi était présenté par des législateurs indépendants, mais que le gouvernement irlandais y était opposé. Elle a insisté aussi sur le fait que le projet de loi n’était pas une proposition de BDS, mais appelait seulement à boycotter les colonies.

Netanyahu, cependant, n’a pas accepté cet argument. Il a dénoncé le projet de loi, disant que celui-ci avait l’intention de « soutenir le mouvement BDS et de nuire à Israël ». Dans une déclaration rendue publique par son bureau, il a ajouté que le projet de loi « propulse ceux qui souhaitent boycotter Israël et est totalement contraire aux principes de libre échange commercial et de justice ».

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