Première École de Physique Avancée de Palestine La rencontre des idées booste les maths et la physique au Moyen Orient

L’université arabe américaine de Jénine (AAUJ) a récemment accueilli la cinquième Conférence Palestinienne sur les tendances modernes en mathématiques et en physique (PCMTMP-V), un des principaux événements scientifiques de Palestine. Plus de 200 étudiants des territoires palestiniens et de l’étranger se sont rassemblés pendant trois jours pour échanger sur les avancées en mathématiques et physique théoriques et appliquées. Les principaux orateurs invités — Jonathan Ellis du King’s College de Londres et Charles Doering de l’Université de Michigan — ont donné des conférences plénières ; Ellis a parlé de la physique au-delà du modèle standard et Doering de l’histoire centenaire des mathématiques derrière la convection de Rayleigh-Bénard. La présentation des recherches d’autres conférenciers invités et de participants a complété la conférence.

Cette année, un autre événement notable a accompagné le PCMTMP-V à l’AAUJ – en fait, le premier de la sorte dans les Territoires palestiniens. La première École palestinienne de physique avancée a précédé la conférence, attirant environ 30 étudiants de troisième cycle d’un certain nombre d’universités de Palestine pour trois jours de formation. Créée par un groupe international bénéficiant d’un financement nouveau, Scientifiques pour la Palestine, et cofinancée par le CERN et par la Fondation Partager le Savoir, l’École procure à des étudiants de niveau master des activités et des conférences générales prononcées par des experts de renommée internationale, qui apportent un éclairage sur les développements récents de la recherche et sur les opportunités de la science physique moderne.

Les différentes conférences ont couvert des thèmes de la recherche de pointe, allant de la rupture de symétrie à la physique des particules moderne, de même que la recherche récente sur le rayonnement Synchroton pour la science expérimentale et ses applications au Moyen Orient (Synchrotron-light for Experimental Science and Applications in the Middle East - SESAME). Face à pléthore de sujets, les étudiants ont été mis au contact de champs de recherche à la fois familiers et nouveaux, laissant augurer de collaborations possibles à l’avenir. Le CERN a récemment signé un accord avec les Territoires palestiniens permettant aux chercheurs palestiniens de se joindre à l’expérience ATLAS. Tout cela a donné espoir d’inclure davantage de scientifiques dans l’expérimentation en favorisant la collaboration scientifique et de meilleures relations dans la région, ce que l’école a effectivement réalisé.

« L’école a été un grand succès » a écrit David Marsh de l’université de Cambridge, dans un courriel adressé à APS News. Il a été un des organisateurs internationaux de l’école, avec Nabil Iqbal (Université d’Amsterdam), Mario Martone (Université de Cincinnati), Andy O’Bannon (Université de Southampton) et Kate Shaw (Centre International Abdous Salam de Physique Théorique).

« Nous, les organisateurs, et les conférenciers, étions très heureux des résultats de l’école [et] l’écho chez les autres scientifiques est largement positif. [Cela] nous a tous beaucoup encouragés à continuer notre action de soutien au développement scientifique en Palestine » a souligné Marsh.

Les étudiants qui ont participé ont ressenti la même chose – via des sessions de résolution de problèmes et des tutorats en physique des particules appliquée, l’école leur a offert des occasions qui ne font pas partie de leur cursus universitaire habituel. La page Facebook des Scientifiques pour la Palestine a posté de brèves déclarations d’un choix d’étudiants pour faire mieux connaître le succès de ce premier événement.

« Être à la première École de physique avancée a été une expérience formidable » commente Waad Awad, un étudiant qui prépare un master de physique à l’Université de Bir Zeit et qui a participé à l’école. « Nous avons de la chance d’avoir l’occasion d’améliorer nos connaissances en physique… [de rencontrer] des scientifiques du monde entier… et d’avoir connaissance désormais [des opportunités potentielles et] de la formation à SESAME ou au CERN ! ».

Falastine Abou Saïf, étudiante en master à l’Université Nationale An-Najah, qui a également participé à l’école, insiste sur l’impact que l’école a eu pour elle : « c’est génial d’écouter des conférences en direct des experts mondiaux et d’avoir des contacts avec eux ; c’est la meilleure façon de s’impliquer… [la Palestine a] d’énormes potentiels et des gens très intelligents. Nous avons juste besoin de soutien et d’encouragement » a-t-elle dit dans son interview.

Si les étudiants et les organisateurs ont pu profiter des deux excursions, certains étudiants n’ont pas pu participer à cause des restrictions aux déplacements, imposées par l’occupation israélienne de la Palestine. Les étudiants de Gaza n’ont pas eu de permis pour se rendre à cette rencontre, ce qui a empêché un étudiant de prendre part à l’école et deux scientifiques de faire leur conférence au PCMTMP-V. Tous les trois sont de l’Université islamique de Gaza et ont demandé que leur identité ne soit pas révélée.

« L’accès à l’enseignement supérieur est un droit humain et il est fort regrettable que ce droit ne soit pas respecté par l’occupation israélienne » a exprimé Marsh par un courriel. Une déclaration des Scientifiques pour la Palestine de fin juillet 2016 a affirmé que la position de l’organisation est d’assurer l’égalité des droits humains en dépit des restrictions.

« Malgré les souffrances endurées à cause de l’occupation, la science continue à se développer en Palestine et ses liens internationaux se renforcent. Les Scientifiques pour la Palestine seront fiers de poursuivre leur appui à ce développement » selon les termes de leur déclaration. Pour contourner les restrictions mises à la mobilité, les Scientifiques pour la Palestine ont diffusé le programme de l’École à l’Université islamique de Gaza.

Le gouvernement israélien, contacté, a refusé de commenter ce sujet.

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